Les 8 branches du Yoga (2ème partie)

Reprenons où nous nous étions laissé...


Et abordons après ce temps nécessaire à l'intégration des 5 premières branches, les 3 dernières...


6. Dharana = concentration

7. Dhyana = méditation

8. Samadhi = absorption

Elles sont regroupées sous le nom de samyama ou intégration. Chacune d'entre elles mène à la suivante.

La concentration est la première étape permettant d'entrer en méditation, la méditation permettant à son tour de connaître le Samadhi



DHARANA


Dhâranâ insuffle une direction au mental par l’intermédiaire d’un objet ; c’est la dernière étape avant d’atteindre dhyâna, la méditation profonde.


PRÉPARER L’ESPRIT

On peut comparer les pratiques préliminaires telles que les âsanas, le prânâyâma ou le régime alimentaire au nettoyage d’un récipient. Tout comme le récipient utilisé pour cuire le riz a besoin d’être nettoyé avant qu’il puisse resservir à la cuisson, notre esprit a besoin d’être purifié.

Le mental s’imprime de tous les souvenirs, et il est soumis aux conséquences d’actions tournées vers l’extérieur. Lorsqu’il doit être dirigé vers quelque chose de profond, les sources de distraction qui l’en détachent doivent être évitées.

L'objectif ici consiste à identifier et à réduire ces obstacles à dhâranâ.

Le prânâyâma est le moyen essentiel pour cela car il régularise consciemment le souffle.


DETERMINER LA BONNE DIRECTION POUR DHÂRANÂ

Il ne suffit pas de nettoyer le récipient. Un récipient propre ne joue aucun rôle par lui-même. Disposer d’un mental libre de distractions n’est qu’un début. Le mental doit alors être orienté.


Et ce processus par lequel on donne une direction au mental se nomme dhâranâ.

Cela implique de choisir un desha, un objet sur lequel l’esprit puisse s’appuyer. L’objet lui-même ne doit pas être une source de distractions.

Le desha doit être shubha, c’est-à-dire bienfaisant pour la personne.

Il devrait aussi être abhimata, acceptable par la personne (Si je n’ai aucun intérêt pour une déité, aussi grande soit-elle, elle ne peut pas être abhimata).

Une fois que ce choix a été fait, l’accès à dhyâna représente tout simplement l’étape suivante.

Ainsi dhâranâ mène à dhyâna.


Tentez cet exercice: fixez la flamme d'une bougie, placée au sol à 2 mètres de vous... Sans cligner des yeux, sans changer la direction de votre regard... Jusqu'à ce que les larme viennent emplir vos yeux, là encore ne bougez pas, laissez les larme couler et purifier vos yeux...


DHYANA



Alors que dans la pratique du dharana, nous fixons notre attention sur un point, dhyana est un état de pleine conscience sans concentration. L’esprit est alors apaisé, et dans ce silence, il produit peu ou pas de pensées.

Dhyana est la méditation profonde, une méditation pure.

L’esprit est focalisé sur une seule et unique chose, sans aucune perturbation extérieure ou intérieure.

Les sens sont maîtrisés, ainsi que les émotions.

Il ne s’agit pas d’une simple relaxation mais d’un état de concentration ultime sur un seul et unique point..


Dhyana est la contemplation du moment présent, alliée avec une vigilance de l'esprit, donc pas le moment de piquer un somme pour travailler Dhyana!

La force et l’endurance que requiert cet état de quiétude sont assez impressionnantes. Mais ne vous découragez pas. Cela peut sembler difficile, voire impossible, mais n’oubliez pas que le yoga est un processus. Même si l’on ne parvient pas à atteindre la posture parfaite ou l’état de conscience idéal, chaque étape de notre évolution est bénéfique


Vous pouvez travailler cette branche assis en tailleur les mains en Dhyani Mudra au niveau de Swadistana (deuxième chakra) ou légèrement au dessus, les yeux mi clos pour garder un œil sur son intérieur et un œil sur l’extérieur.


SAMADHI


Patanjali décrit cette huitième et dernière étape d’ashtanga, samadhi, comme un état d’extase. Lors de cette étape, le méditant fusionne avec l’objet de sa méditation et transcende le moi: ils fusionnent et permettent à l'Esprit de devenir omniscient.

Il en vient à réaliser une connexion profonde avec le Divin, le dieu personnel, une interconnexion avec tous les êtres vivants.



Il peut également être vécu comme un état de supraconscience, un passage sur l’un des plans de conscience supérieurs à l’état de veille.


Cette réalisation s’accompagne de la « paix qui permet toute compréhension » ; l’expérience du bonheur et de ne faire qu’un avec l’Univers (notion d'absorption dan l'Absolu).


À première vue, ce genre d’objectif peut sembler quelque peu idéaliste, prétentieux.

Mais si l’on réfléchit bien à ce que l’on attend de la vie, la joie, l’épanouissement et la liberté n’auraient-ils pas leur place sur notre liste d’espoirs, de souhaits et de désirs ?

Ce que Patanjali décrit comme l’achèvement du parcours yogique est, au fond, ce à quoi aspirent tous les êtres humains : la paix.


Nous pourrions également réfléchir sur le fait que l’on ne peut ni acheter, ni posséder cette ultime étape du yoga, « l’illumination ». On ne peut en faire l’expérience qu’à travers le dévouement continuel du pratiquant.


N'y voyez absolument pas de connotation religieuse.

Il est question ici de connecter avec son soi divin, de prendre conscience de sa toute puissance, de l'infinité des ressources que nous avons.

Il est question de prendre conscience de notre connexion à la Terre et au Ciel, de notre inter connexion avec les éléments, de l'impact de nos actions.

Il est question de prendre enfin conscience, d'ouvrir notre troisième œil, de revenir à l'essentiel.


NAMASTE






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