Les 8 branches du Yoga (1er partie)

Dernière mise à jour : 17 sept. 2020


On commence le plus souvent à pratiquer le yoga sur le tapis, par les postures physiques; Cependant nous contenter de cette unique approche serait trop limitante..

En effet le Yoga comporte 8 branches, dont les postures, ou "asanas" , n'en sont qu'une seule!

Allons explorer ensemble le champ des possibles du yoga...

Je vais vous donner des pistes de réflexion dans cet article, loin de moi l'idée de vous donner des leçons de vies, uniquement l'envie de vous ouvrir à un questionnement intérieur...


C'est Patanjali, qui posa, en 200 avant JC, dans les "Yogas Sutras" le socle de ces 8 branches.


les 5 premiers sont:

- Les Yamas : Ligne de conduite sociale

- Les Niyamas : Ligne de conduite personnelle

- Les Asanas : Postures physiques

- Les pranayamas : Contrôle de l'énergie (Prana) par le souflle

- Le Pratyahara : Contrôle des sens


Les Yamas:

Ils sont au nombre de 5:


  • Ahimsa: le plus connu d'entre tous

Ahimsa est la non violence envers l'extérieur, tout l'extérieur: nos frères humains, les animaux, les végétaux, les minéraux et la Terre , la Pacha Mama en règle générale.

On peut comprendre grâce à ce principe le végétarisme de la plupart des yogis. La pratique du yoga amène vers cette voie tout naturellement, c'est au fur et à mesure notre corps qui réclame de moins en moins de "chair" jusqu’à ne plus en ressentir le besoin.

Ce principe amène la bienveillance envers les humains, et l'empathie, notre capacité à ne pas juger et à pouvoir voir une situation à travers les yeux d'une autre personne. La non violence est globale,physique, verbale et à travers nos pensées.

Ce principe amène bien évidemment vers la protection de notre Terre et de tous ses êtres ; il vient nous questionner sur notre mode de vie, nos moyens de déplacement etc..

Encore une fois, je ne donne aucune directive, uniquement des pistes de réflexion, de questionnement pour sortir d'un automatisme sans conscience.

Pensez vous être dans la non violence dans votre vie? Y a t il un domaine où vous pourriez agir pour exercer un peu plus de bienveillance dans votre vie?


  • Satya: La vérité, la sincérité

En d'autres termes, ne pas mentir aux autres , être honnête. En allant plus loin on peut également voir dans ce principe "ne pas se mentir à soi même et être honnête envers soi même", ne pas se cacher la vérité.

C'est un principe que l'on retrouve dans de nombreuses sociétés, religions...

Il peut rejoindre Ahimsa en nous astreignant à dire la vérité en adaptant nos mots, notre ton, notre posture à notre interlocuteur, pour ne pas blesser autrui.

Arrivez vous à dire toujours la vérité? Êtes vous honnête avec vous même sur votre situation et à ne pas vivre sur de faux semblants?


  • Asteya: ne pas voler

Ici encore nous touchons un principe universel. Au delà de ne pas voler de biens matériels (Je ne développerai pas ici cette facette), on parle ici aussi de bien spirituel, de pensées : Ne pas substituer d'idées à autrui, de manière de pensée...

Être son propre Guru, pouvoir s'inspirer mais construire son propre monde, son propre chemin grâce à son monde de pensée et son propre cheminement personnel.

Arrivez vous à ne pas "voler" d'idées ou de pensées? Êtes vous trop influençable dans votre vie?


  • Brahmacharya, pureté du cœur, chasteté du corps et du mental


Ce principe était traditionnellement destiné à encourager les personnes qui pratiquaient le yoga à conserver leur énergie sexuelle, afin de mieux l’utiliser pour progresser sur le chemin spirituel qu’elles empruntaient.

On peut appliquer cette règle sans tomber dans un vœu de chasteté rassurez vous! Pourquoi pas de délier des plaisirs dirigés vers l'extérieur et qui nous rendent dépendants d'eux? Par exemple, le chocolat qui se transforme en doudou lorsque nous n'avons pas le moral, la paire de chaussures acheté en récompense pour combler un manque intérieur,ou la cigarette quand on est énervé... Il y a tellement d'exemples;.. Le problème est que nous nous projetons vers une chose extérieure pour calmer un mal être intérieur... L'équation ne marche pas! En se détachant de ces "drogues", nous pouvons ramener notre conscience à l'intérieur de nous et nous purifier.

Avez vous tendance à vous réfugier dans des choses matérielles lorsque rien ne va?


  • Aparigraha, le détachement, l’absence d’intérêt pour les biens matériels.

Sans tomber non plus dans la vie acétique, vous devez connaître le mouvement minimaliste qui gagne du terrain en ce moment? Le crédo? Pour être heureux vivons de moins! Sans besoins superflus, pas de frustrations, pas de manque, pas de tristesse... En démarrant doucement (Pas la peine de jeter toute sa penderie sur un coup de tête) , on se rend compte qu'en créant de l'espace dans son lieu de vie, on en crée dans notre intérieur... Et plus on en crée plus on en a besoin... Un sentiment de libération se crée à chaque pas vers ce minimaliste.

On se rend compte que nos besoins n'en sont pas, ils ont été crée par une société qui doit vendre pour avancer , mais qu'ils ne proviennent pas de notre propre chef. Tentez l'expérience: débarrassez vous de ce robot de cuisine que vous n'utiliser qu'une fois par an, triez vos chaussures, vos livres... Mieux qu'une séance de psy!

Avez vous du mal à vous détacher des choses matérielles? Pourquoi?


Les Niyamas:

Également au nombre de 5:


  • Santosha, le contentement

Se contenter de ce que l'on a , du moment présent en un mot: GRATITUDE.

Savoir apprécier un rayon de soleil, un sourire d'un inconnu et remercier pour cela. Nous avons plutôt tendance à vouloir toujours plus, à nous fixer des objectifs, qui une fois atteints, ne nous satisfont pas ... Et nous voilà repartis dans le cycle infernal ... Nous ne prenons pas le temps d'apprécier les choses telles qu'elles sont, pour ce qu'elles sont simplement...

Faites cet exercice.. Chaque soir avant de vous endormir, écrivez ou citez 3 choses pour lesquelles vous êtes gratifiant aujourd'hui... Vous vous rendrez compte que votre journée est parsemée de petits moments de bonheur qui ne demandent qu'à être appréciés...


  • Saucha, la pureté

La pureté du corps physique: Dans la tradition, les pratiquants doivent venir propres et lavés avant un cours de yoga, qui est suivi par un bain ou une douche en conscience pour terminer de "laver" les impuretés. mais aussi et surtout de nos pensées... Il existe d'ailleurs de nombreuses routines de purification pour les pratiquants: Jala Neti, le lavage de nez à l'eau salée, La purge etc... Toujours dans le but de décharger nos toxines et de permettre à l'énergie de mieux circuler dans notre corps

Avec ce principe on parle aussi et surtout de la pureté de notre pensée... Toujours avoir des pensées pures, positives... Éviter au maximum les jugements, la moquerie etc...

Prendre une douche en conscience... Faire couler l'eau et exprimer à haute voie les émotions ou pensées que l'on veut purifier, aller sous la douche, se savonner et visualiser l'eau qui emporte les pensées et les émotions... remercier pour notre purification....


  • Svadhyaya, l’étude des textes


Il est important de connaître les textes fondateurs, de connaitre les sources du savoir... Pour ne pas se laisser manipuler par des personnes malveillantes..Une fois ces textes connus, la démarche ne 'arrête pas là... Non cela serait trop simple! En effet, il est temps de poser des réflexions, grâce à des méditations sur les problèmes principaux de ces texte et les notions qu'ils soulèvent.

Ceci amène à laisser place à notre intuition, le plus souvent masquée dans notre société et accéder à la connaissance de nous même...

L'étude des textes ne serait donc qu'un prétexte pour arriver à l'étude de soi...

Prenez le temps de lire un texte qui soulève des problèmes ou valeurs qui vous parlent, puis de méditer sur ces notions durant plusieurs semaines..


Tapas, l’autodiscipline, les austérités

C'est le niyama qui me pose le plus de questionnement... Pour moi le Yoga est avant tout une écoute de son corps, c'est faire ce qui est le mieux pour nous et ne pas rester sur des schémas de pratiques figés, car ce qui me convient à l'instant T ne me conviendra sans doute pas demain ou dans 1 an. Car oui tout est inconstance! Nous vivons rythmés par les saisons, le cycle lunaire, nos humeurs...

Alors s'astreindre à une routine de yoga à une heure donnée, avec une pratique donnée... C'est antinomique pour moi! Encore une fois je parle de mon ressenti personnel et non d'une vérité! Certaines personnes ont besoin de cette discipline pour progresser...

Alors disons qu'il faut s'écouter, parfois se forcer à faire sa pratique pour dépasser son mental, parfois à s'écouter pour respecter son corps...

Créer vous plusieurs routines, à adapter et à changer en fonction de vos humeurs!


  • Ishwara pranidhana, la dévotion au divin

Je préfère appeler le divin: source intérieure de vie... Il n'est ici pas question de religion ou de "Dieu" au sens que notre société lui donne...

Le divin est en chaqu'un de nous, nous sommes tous un être divin et le sens du yoga est de nous permettre de toucher du doigt, de se connecter à notre NOUS divin.

C'est en ça que ce dernier niyama est puissant, beau et difficile à atteindre: prendre conscience de notre toute puissance, regarder à l'intérieur de soi et y voir l'infini de notre pouvoir...


Les huit servitudes des Niyamas sont la haine, la honte, la peur, l'affliction, l'esprit critique, les préjugés de race, la fierté et la suffisance.

Éliminer ces huit servitudes conduit à la grandeur d'âme. On se qualifie alors pour pratiquer l'Asana, le Pranayama et le Pratyahara.


Les Asanas:

La branche du yoga a plus connue: les postures physiques; dans nos sociétés nous avons tendance à limiter la pratique du yoga à cette seule pratique physique.

Ces positions doivent pouvoir être maintenues de manière confortable et détendue pendant longtemps.

De nombreux Asanas sont des dérivés de mouvements naturels et de positions d’animaux et portent des noms tels que “le chat”, “le tigre”, etc. Ces postures s’inspirent de la façon dont les êtres vivants prennent soin d’eux-mêmes dans la nature, et nous reconnectent avec un savoir inscrit dans nos gènes: nous savons instinctivement comment maintenir notre santé, il nous suffit de nous reconnecter à notre vraie nature.



Les Asanas ont de puissants effets sur le corps et l’esprit.

Les animaux utilisent instinctivement ces mouvements et ces positions du fait des bénéfices naturels qu’ils procurent.


Les Asanas sont bénéfiques pour les muscles, les articulations, le système cardiovasculaire, le système nerveux et lymphatique, ainsi que l’esprit, l’âme et les Chakras.

Ce sont des exercices psychosomatiques qui renforcent et équilibrent l’intégralité du système nerveux et harmonisent et stabilisent l’état d’esprit du yogini.


J'ai l'habitude de dire en cours que l'on peut aller plus loin dans une posture en relâchant, en détendant les muscles. C'est dans le lâcher prise que vous allez plus loin.

Apprendre à manier le lâcher prise et le contrôle, la souplesse et la force... Jouer et tendre vers l'équilibre..

C'est en ça que la pratique du yoga est différente d'une séance de gymnastique douce... Instaurer un lien corps / esprit, se connecter à son corps, l'écouter, être actif en pleine conscience.


Voilà tout le sens des pratiques physiques du Yoga...


Le Pranayama:


Le Pranayama est le contrôle de la respiration (Prana signifie souffle, ayam contrôler, réguler).

Avec chaque respiration, nous absorbons non seulement de l’oxygène, mais aussi du Prana. Le Prana est l’énergie cosmique, le pouvoir dans l’univers qui crée, préserve, et modifie. C’est l’élément de base de la vie et de la conscience.

Guider consciemment le Prana dans le corps augmente la vitalité, favorise la désintoxication physique, et améliore l’immunité tout en instaurant la paix intérieure, la relaxation et la clarté d’esprit.

La mythologie Hindoue explique que la longueur de la vie d’une personne est déterminée à sa naissance avec un nombre de respirations qui lui est attribué. Le yogi tente de “préserver le temps” et de rallonger la vie en ralentissant sa respiration.


Les effets du pranayama sont multiples, il agit sur le physique, le mental et l'esprit.


La respiration est ce lien unique et subtil entre notre corps et notre esprit, en prendre conscience permet d'investir notre corps tout entier.

par la respiration, c'est une naissance et une mort à chaque cycle, la vie qui entre et qui sort...



Le but en Hatha yoga est de pouvoir coordonner sa pratique d'asanas avec sa respiration. Ainsi l'esprit est concentré, happé par ce doux rythme, cette danse entre nos mouvements et notre respiration.

Il peut être difficile au départ de lier ces 2 pratiques... Aucune inquiétude! cela s'acquiert avec le temps et la pratique.

D'autant plus que nous ne savons plus respirer! Ce mouvement de vie, naturel, instinctif, où notre ventre gonfle à l'inspiration et se détend à l'expiration (observez un bébé respirer...) se perd avec le stress, l'âge adulte, les responsabilités... et notre respiration s'inverse, se localise dans la cage thoracique et le clavicules; ceci entraine une respiration incomplète, une mauvaise oxygénation de votre corps et de votre cerveau, laissant un terrain fertile pour les maladies, le stress...


Ré apprendre à respirer avec le yoga, allonger son souffle, détendre son corps par la respiration... Contrôler ce souffle de vie, ce prana pour allonger la vie en nous...


Tentez d'instaurer 5 ou 10 min de pranayama par jour, vous sentirez rapidement l'effet sur vos corps!

Le Pratyahara : Contrôle des sens


Dans Pratyahara le Yogi plonge à l'intérieur de lui. Il est dans un état où les sens ne vont plus chercher à l'extérieur mais fusionnent en lui.

Par sens on entend ici: l'odorat, le gout, le toucher, la vue et l’ouïe.


Cet état peut être comparé à un état juste avant de s'endormir, le monde intérieur et extérieur n'existent plus, la conscience est pourtant bien présente pour celui qui est vigilent, les éléments extérieurs (bruits, odeurs, ...) ne parviennent plus à la conscience.

Ce lieu devient un carrefour extraordinaire...

Soit on laisse faire la nature et nous sombrons dans le sommeil, soit nous entrons là avec une intention plus forte et il est possible de vivre autre chose que le sommeil : la pensée reste lucide mais le monde extérieur s'estompe, les sens ne fonctionnent plus et les fluctuations mentales se trouvent momentanément suspendues.

Pratyahara est donc l'instant où le monde objectif disparait et avec lui la masse de nos idées en grouillement perpétuel.


Tentez lorsque vous serez prêt, de maintenir l'état de "mi-sommeil", même quelques instant, en pleine conscience pour approcher pratyahara.


Je pense qu'il y a déjà ici matière à réflexion...


On se retrouve pour la 2ème partie dans quelques semaines...


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